Marrakech, le Dakka Marrakchia se présente comme étant un héritage de grande valeur historique et humaine.
Une tradition musicale immuable et inchangée de la Ville Rouge.
Partie intégrante de l'héritage culturel remontant jusqu'à la dynastie de Saadian, Dakka Marrakchia (tambourinage) est considéré comme un genre musical exclusivement masculin, qui se distingue par des percussions polyrythmiques et des chants choraux, et repris au travers des siècles, une fois par an, pendant le Festival d'Achoura.
Les rythmes rendent hommage au "Sabaatou Rijal", les sept gardiens spirituels de la métropole : Sidi Youssef Ben Ali, Qadi Ayad, Abou El Abbas Essebti, Imam El Jazouli, Sidi Abdelaziz Tabbaa, Sidi Abdellah El Ghazouani (appellé Moul Laksour), et Imam Souhayli.
Le Dakka a prospéré dans les quartiers, dans les endroits fréquentés par les artisans, qui sont les artistes des "D'Kaykiya". Ces troupes ont montré leur capacité à ne devenir qu'un seul corps, solide et uni, autour de leur devise traditionnelle et sacrée "un pour tous et tous pour un".
Depuis des siècles, chaque quartier propose sa propre troupe d'hommes, qui se distinguent chacun par leur oreille musicale, capable de saisir le sens du rythme et ayant suffisamment de forces pour pouvoir élever au plus haut l'étendard du patron sacré de leur ville.
Ces quartiers, dont ceux de Bab D'Bagh, Sabtiyyine, Bin Laarassi, Casbah, Ben Salah, Derb Dabachi, et d'El Moukkaf, ont pris l'habitude d'exceller en concours de Dakka pendant la nuit de l'Achoura surtout, en vue de perpétuer ce rite si ancrée dans le patrimoine de la ville.
Med Bellamkaddam (dit Baba)
Un des plus célébres chefs de la troupe marrakechi de la "Dekka". Il mena pendant des années, la troupe partout au Maroc et dans le monde pour faire connaître cette musique authentique.